aller au contenu
17/05/2010

Monsieur le Ministre joue-t-il « fair-play » ?

Octobre 2000 : Monsieur le Député fait recompter les voix : le siège perdu par la liste socialiste va bien à Ecolo. Un siège sur 17 avec 8,5 % des voix, ce n'est pas volé, mais Monsieur le Député espérait la majorité absolue avec ses 43,5 %. Face à notre groupe, dont le siège permet de choisir la majorité, Monsieur le Député adopte le profil bas : il commence par féliciter notre tête de liste, puis attend son heure. Car tous n'ont pas cette intelligence...
Un accord de majorité très consensuel est conclu, présenté dans un toutes-boîtes (qui se laisse écrire), il prête serment... Monsieur le Député-bourgmestre remercie Ecolo, au moins en aparté. Plus tard, il aura l'occasion de dénoncer publiquement notre déloyauté.
En voici un exemple.

Le club de football souhaite un troisième terrain pour ses entraînements. Monsieur le Député-bourgmestre sait qu'on ne refuse rien à un sport si populaire. Monsieur le Député-bourgmestre propose donc de faire ce terrain en coupant la vieille piste d'athlétisme. Sans club, qui s'intéresse à l'athlétisme ?  Justement, le fils de feu l'Echevin de l'Enseignement y fait courir les élèves des écoles communales: mon fils à moi m'en a parlé ! Donc quand notre échevine nous informe de ce projet, je vérifie que les enfants ne s'y abîment pas les chevilles : apparemment, la piste ne comporte pas trop de trous... Ecolo vote donc avec l'opposition, pour préserver cette piste. La Commune loue donc une surface agricole pour le troisième terrain, ce qui coûte évidemment plus cher. Ensuite, les élections législatives de 2003 permettent à Monsieur le Député-bourgmestre de croire à la disparition rapide de son partenaire peu docile. Les régionales de 2004 permettent ensuite à Monsieur le Député-bourgmestre de devenir Ministre : le choix de compétences semblables à celles de notre échevine lui permettent de lui couper l'herbe sous le pied.
La suite est connue : le contrôle de la communication et du budget communaux, l'absence de délégation de signature, le passage du Giro géré par une ASBL opaque, et une visite royale 6 mois avant les élections de 2006 permettent à Monsieur le Ministre une augmentation des voix proportionnelle à la nôtre... mais elle lui apporte 11 sièges sur 19 !
Monsieur le Ministre peut faire croire que la démocratie locale va progresser, mais sa manière de faire de la politique commence à lasser.
En 2007, Monsieur le Ministre ne fait pas le plein de voix aux élections fédérales.
En 2009, l'étoile de Monsieur le Ministre pâlit au point qu'il doit presque complètement changer de compétences au profit d'Ecolo. Mais il peut maintenant remplir l'écran en parlant de budget et de sports. Entretemps, nos sprinteuses nationales ont montré que « L'Union fait la Force » et l'athlétisme est à l'honneur.

Le centre sportif de Perwez devient un enjeu : après y avoir fait sa pub électorale grâce à un message intégré au relevé de la production photovoltaïque, Monsieur le Ministre peut y annoncer des investissements... y compris la rénovation de la piste d'athlétisme !
Dans sa grandeur, Monsieur le Ministre daignera-t-il remercier l'opposition et son ancien partenaire d'avoir défendu cet élément du centre sportif ? On peut rêver.

Etienne Cools